Un été de canicule (26) – … et soirée tendre et sensuelle…

<< Explications orageuses..

 

Une fois dehors, je voulus prendre la main de Béatrice, mais elle la retira avec une expression de regret et un petit geste d’excuse.

– Attends s’il te plait… une fois qu’on sera dans le métro, pas de souci, mais ici, je risque trop de croiser des gens que je connais, dit Béatrice

Bien que comprenant le côté délicat de sa situation, je me sentis malgré tout douloureusement piqué dans mon amour-propre.

– Je veux bien… mais… tu n’as pas honte de moi quand-même? demandais-je

– Non, soupira-t-elle, ce n’est pas la question… c’est plutôt par rapport à moi… qu’on le veuille ou non, je pourrai être ta mère… et je t’avoue que je ne me sens pas prête à croiser le regard d’un voisin… mais dans le métro, ça ira mieux… et là où on va, pas de souci, j’ai choisi exprès reprit-elle, avec un sourire complice qui me réchauffa un peu

Je me contentais donc de marcher à côté d’elle, qui ne pouvait s’empêcher de jeter des regards nerveux à droite et à gauche. Lorsque nous gagnâmes la station de métro, je sentis la tension qui l’habitait s’évacuer un peu. Dans la rame, par chance, il y avait deux places assises. Je me mis à côté d’elle, hésitant à reprendre sa main en dépit de l’envie que j’en avais.

Ce fut elle qui saisit mes doigts, presque timidement, mais en les étreignant avec une telle force dans sa main que je crus qu’elle allait me les broyer.

Il y avait environ trois-quart d’heures pour rejoindre le restaurant. Nous discutions dans les rames, mais dans les couloirs, je me laissai guider par Béatrice qui marchait d’un pas rapide, fendant la foule avec assurance.

Jolie femme dans une robe blanche - photo offerte par X-ArtJ’étais sourdement excité de la savoir nue sous sa robe blanche qui épousait ses formes.

De son dos, j’admirais le balancement souple de sa croupe, moulée dans l’étoffe blanche qui remontait jusqu’au milieu de son dos avant de s’arrêter, laissant dégagées ses omoplates et ses épaules.

Le nœud blanc, accroché derrière sa nuque, sous sa chevelure qu’elle avait laissée libre sur ses épaules, exaltait mon imagination: je m’imaginais derrière elle le dénouant, libérant sa poitrine lourde et la saisissant entre mes doigts pour la pétrir à pleines mains.

Lorsque la foule trop dense me contraignait à me tenir derrière elle, je pouvais d’autant plus vérifier que je n’étais pas le seul sur qui elle faisait de l’effet: plus d’un homme l’observait d’un regard en coin, ou se retournait sur elle (au mépris des risques de collision), et ceux qui le faisaient sembler aller depuis mon âge jusqu’à une maturité avancée…

Lorsque nous sortîmes du métro, je m’enhardis enfin à lui saisir sa main. Elle esquissa un geste de retrait, mais décida presque aussitôt de m’abandonner sa main… sa paume était chaude contre la mienne, et en dépit de ce simple contact bien limité, je me sentis avec euphorie la désirer à nouveau.

De temps à autre, nous croisions quelqu’un qui jetait à notre couple un regard un peu plus appuyé, mais sans nous concerter, nous avions décidé elle et moi de n’en faire qu’à notre envie.

Enfin nous arrivâmes au restaurant qu’elle avait réservé: c’était un petit établissement, situé dans une rue latérale proche de la rue de la Roquette, qui s’appelait « The blue note ».

– Ce n’est pas tellement un grand restaurant, mais c’est calme et discret, et l’ambiance est vraiment particulière… m’expliqua Béatrice juste avant que nous n’entrions.

Pour moi qui n’avait à l’époque que des notions assez confuses dans la hiérarchie de la restauration, je trouvais le lieu parfait.

La salle principale était assez petite, une vingtaine de tables tout au plus. L’endroit évoquait plus un club qu’un restaurant. Beaucoup de tables étaient juste servies pour deux couverts, et elles étaient réparties dans la salle, et non alignées en rangées serrées.

La salle, décorée de photos noirs et blanc montrant des musiciens de jazz et des chanteuses noires, était plongée dans une lumière tamisée et on distinguait peu les convives. Dans un coin, un endroit semblait faire piste de danse: il était éclairé par un trio de spots et par un tube qui émettait une lumière violette.

Une fois assis, je regardai le menu et fut traversé d’une inquiétude subite: les usages ne voulaient-ils pas que je règle la note? Il était bien temps d’y penser, je n’avais que bien peu d’argent sur moi.

Béatrice devança encore mon esprit décidément engourdi: sa main se posa sur la mienne, et elle murmura: « tu prends ce que tu veux… c’est moi qui t’invites. ».

Je me sentais un peu gêné, mais elle sut dissiper aussitôt mon malaise d’un: « c’est à charge de revanche! Quand tu auras réussi tes études et que tu gagneras ton salaire, c’est toi qui m’inviteras! ».

Nous choisîmes notre menu – la carte était plus recherchée que ne l’avait laissé entendre Béatrice, et comportait notamment, en plus des classiques de brasserie, des plats cajuns, inconnus de moi. Nous nous laissâmes l’un et l’autre tenter par l’exotisme tant pour l’apéritif que pour le plat.

Nous étions encore en train de savourer notre apéritif lorsqu’un homme en smoking monta sur scène. Avant que je réalise qu’il annonçait l’artiste, il avait déjà quitté l’estrade sous les applaudissements de la salle qui s’était remplie peu à peu, et auquel je me joignis.

La chanteuse qui arriva alors était une grande fille brune à la peau pâle, en robe bleu-nuit et aux épaules nues. Son visage était un peu anguleux, mais possédait un charme certain, surtout par son regard intense et ses lèvres pleines, qu’un seul projecteur de poursuite éclairait d’une lumière dorée.

La robe descendait jusqu’à ses pieds. Coupée dans un style rétro, elle s’ouvrait en corolle de fleur sur ses escarpins assortis, épousait de près les courbes de ses jambes qu’elle épousait jusqu’à l’élargissement des hanches avant de se resserrer sur une taille si mince qu’elle semblait nécessiter le port d’un corset – chose bien improbable pour une chanteuse.

Ses bras nus étaient également plutôt minces, sans être maigres, mais sa poitrine se dessinait joliment juste sous le micro.

Cependant, lorsqu’elle commença à chanter, je fus saisi d’un vertige et oubliait presque totalement comment elle était… sa voix chaude, un peu voilée, sembla posséder aussitôt tout l’espace du restaurant.

C’était comme une caresse, et même encore plus fort que cela: elle me donnait l’impression de ne chanter que pour moi, surtout lorsque son regard balayant la salle se posait dans notre direction, détachant avec une lenteur sensuelle les syllabes de standards dont j’ignorais les titres, mais qui m’étaient pourtant familiers.

Jamais je n’avais réalisé à quel point cette musique que j’associai à la musique d’ambiance des magasins possédait de charge érotique, lorsqu’elle est exprimée par la voix veloutée d’une chanteuse dont la voix paraît vous pénétrer totalement…

Béatrice réagissait également, sa main agrippa la mienne d’un coup, et ses ongles vernis virent mordre le dos de ma main.

Je la sentis frissonner sur une note soudainement plus haute et douloureusement désespérée d’une chanson dont je ne comprenais pas tout, juste qu’il était question d’abandon, de tristesse et de solitude.

– C’est beau… murmura-t-elle à mon oreille. Tu aimes?

Je fis « oui » de la tête, ne voulant pas émettre le moindre son qui put entacher cette harmonie si fragile, et posai mon autre main sur la sienne. Béatrice pressa sa cuisse contre la mienne, et pencha sa tête sur mon épaule, sa chevelure caressant ma joue.

C’était un pur instant de grâce, de ceux dont on sait quand on les vit qu’ils sont destinés à s’imprimer à jamais -ou tout au moins que ce seront les derniers à s’effacer si un jour la grisaille du temps et de l’âge devait tout noyer dans un pastel d’images délavées.

– J’ai envie de danser, tu m’invites? chuchota-t-elle, alors que les applaudissements nourris s’achevaient et que la chanteuse reprenait, sur des inflexions cette fois plus soyeuses, une chanson au rythme lent.

La danse… j’adorais cela, mais je me sentais souvent maladroit, et par un cercle vicieux, la timidité qui m’empêchait de me lancer, en renforçant mon impression de gaucherie, me rendait encore plus timide…

– J’aimerais beaucoup… mais je ne suis pas très doué, répondis-je.

– Pas grave, de toute façon c’est un slow, tu devrais y arriver… et puis sinon, je te montrerai, n’est-ce pas? dit Béatrice gentiment moqueuse quant à mon inexpérience, en me montrant d’un petit mouvement du menton le coin danse où un couple enlacé ondoyait lentement, dans les volutes soyeuses que la chanteuse semblait tisser dans l’espace.

Je me sentis rougir comme le puceau encore mal dégrossi que j’étais à ce rappel taquin de mon ignorance, et me levant, je tendis la main à Béatrice qui la saisit après un petit signe de tête, et se laissa conduire jusqu’à la piste.

Je l’enlaçais maladroitement, au milieu de son dos, mais elle rectifia aussitôt la position de mes mains qu’elle saisit d’autorité et plaqua sur la cambrure de sa croupe. Puis, jetant ses bras nus autour de mon cou, elle se colla à moi et nicha son visage au creux de mon cou.

Nous tournions lentement, portés par les vocalises de la chanteuse. Le ventre chaud de Béatrice était pressé contre le mien, et mon sexe s’était durci et redressé dans mon pantalon. Lorsque cela m’était arrivé par le passé, je m’étais souvent senti horriblement gêné de cette manifestation…

Mais là, au contraire, je ressentais un profond plaisir à sentir Béatrice faire rouler doucement son ventre contre cette dureté entre nous… à l’imaginer, mouillant sous sa robe blanche… je pensais à la fente dans laquelle il me serait si facile de glisser ma main pour caresser sa longue cuisse tiède à la peau douce, jusqu’à remonter entre ses jambes.

Mes doigts caressaient lentement ses fesses, et l’absence de la moindre aspérité sous le tissu tendu semblait confirmer les dires de Béatrice quant à sa nudité.

– Moi aussi, j’ai envie de toi, chuchota Béatrice, son souffle chaud effleurant ma joue et mon oreille, son ventre et ses seins se pressant un peu plus fort contre mon corps, dont le sang et la sève bouillonnaient à son contact. Mais je ne peux pas te le montrer ici…

Après le long frisson de l’ultime note du slow suivant, Béatrice conclut: « je pourrai danser jusqu’au bout de la nuit je crois… mais tu as encore des épreuves demain, il faut que je sois raisonnable pour toi. Fabienne m’en voudrait sinon ».

Nous retournâmes à notre table. Béatrice déplaça alors sa chaise pour venir s’assoir à côté de moi, comme si elle voulait se trouver davantage face à la scène – mais dans un mouvement qui amena également sa jambe tout contre la mienne.

Je sentis ma bouche soudainement sèche en la sentant poser ma tête sur mon épaule, et la chaleur de sa jambe qui frottait doucement la mienne. Sur scène, la chanteuse avait repris une balade douce et sensuelle, balançant lentement ses hanches, semblable à une fleur bleue qui aurait oscillé dans une brise légère.

Béatrice passa son bras autour de mes épaules et sa plaqua à moi. Je pensai à sa jambe, totalement invisible entre nos corps, masquée sous la table, qu’elle frottait toujours doucement contre moi, comme une voix qui susurrait « Viens… viens… ».

Couple enlacé - photo offerte par BabesJe glissai ma main sous la table et trouvai l’étoffe de sa robe… mes doigts cherchèrent la fente et d’un seul coup, le tissu glissa et je sentis sa cuisse nue sous ma paume.

Les doigts de Béatrice étreignirent mon épaule et elle inspira profondément. Ma main parcourut sa peau douce, jusqu’à l’arrondi de son genou, puis remonta lentement… l’intérieur de sa cuisse était encore plus soyeux, je sentais sa courbe qui s’arrondissait alors que ma main remontait vers son entrejambe.

Je me demandais si j’allais effectivement la trouver nue sous sa robe… lorsque mes doigts butèrent sur la lisière de la robe, trop serrée sur ses jambes pour que je puisse aller discrètement plus loin: il aurait fallu que je me contorsionne.

Béatrice, sans cesser de fixer la scène, sa tête reposant toujours sur mon épaule, avança alors légèrement ses fesses sur la chaise, et je sentis sa jambe se soulever, sa cuisse venir se poser doucement sur l’arête de la mienne.

Dans cette position, le tissu avait remonté de quelques centimètres, et je pouvais aller plus haut sur la cuisse légèrement soulevée… mes doigts avancèrent lentement, pendant que mon cœur battait la chamade en ne trouvant que la peau nue…

Soudain, je sentis contre moi la chair chaude et humide, nue, de son fruit intime… à cet instant, elle resserra lentement ses cuisses sur ma main, l’immobilisant captive contre sa chatte.

Elle balançait doucement son pied, au rythme de la chanson de la jolie brune, que nous contemplions l’un et l’autre, pendant que je sentais contre ma main emprisonnée les frissons qui parcouraient l’entrejambe moite de Béatrice…

Quand vinrent les applaudissements, elle écarta légèrement les cuisses, et ramena sa chaise un peu plus loin. C’était le moment du dessert. Je portai ma main à mon nez, et fermai les yeux pour mieux humer l’odeur délicieuse, légèrement salée, un peu fauve…

Nous finîmes notre repas, sa main dans la mienne. Béatrice paya l’addition, je m’attendais à supporter le regard narquois de la serveuse, mais cette dernière, une jolie brune de type latine, en robe noire, ne fit même pas semblant d’être surprise en encaissant le règlement de la part de Béatrice.

Nous avions presque complètement oublié le monde extérieur, dans la pénombre bleutée du cocon musical où Béatrice m’avait emmené. En sortant, nous fûmes surpris par le vent violent et chaud qui soufflait.

Béatrice leva les yeux et s’inquiéta:

– Oh, on ne voit plus d’étoiles… l’orage approche, on a intérêt à ne pas traîner.

A peine eut-elle prononcé ces mots que quelques grosses gouttes de pluie commencèrent à tomber. Elles étaient étrangement chaudes, et semblaient s’évaporer presque aussitôt qu’elles avaient touché le sol.

Femme presque nue - photo offerte par BabesNous accélérâmes vers le boulevard qui était visible à 100 mètres, et où nous pouvions espérer gagner l’abri du métro, mais soudain, ce fut comme si quelqu’un avait ouvert à fond le robinet d’une douche; un mur de pluie s’abattit sur nous, et je me sentis brutalement tiré par le bras: Béatrice s’était jetée sous l’abri profond d’un haut porche d’immeuble ancien, et elle m’attira contre elle, m’enlaçant de ses bras.

– Viens à l’abri. On va laisser passer le plus gros…
La rue où nous étions était une petite rue latérale… dans le renfoncement du porche, abrités par le rideau tendu par la pluie juste dans mon dos, c’était presque si nous étions seuls au monde… protégés des regards extérieurs.

Je me penchai sur Béatrice pour l’embrasser… elle ouvrit fiévreusement sa bouche et m’attira plus fort contre elle… sa langue accueillit la mienne avec ardeur… ma main glissa alors sur sa taille, puis sur la courbe de sa hanche… je cherchai et retrouvai avec un frisson la fente qui dévoilait la chair nue et chaude du haut de sa cuisse…

 

L’amour sous le porche.. >>

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