Un été de canicule (25) – Explications orageuses…

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Après un bref instant de surprise qui la laissa interdite, Béatrice répliqua vivement à sa fille en avançant d’un pas vers elle:

– Tu pourrais commencer par dire bonjour! Et puis tu ne m’avais même pas prévenu que tu débarquais! Tu pars vivre ta petite vie, et à peine que tu reviens, il faudrait que tout le monde se plie à tes caprices!

La surprise de Solène et son léger pas de recul semblaient indiquer que sa mère ne se montrait pas toujours aussi mordante dans ses réponses.

– Oui, bon, pas la peine de monter sur tes grands chevaux… rétorqua Solène, comme si ce n’était pas elle qui avait fait la première montre d’agressivité. N’empêche que je t’ai déjà dit que si tu voulais un scooter, tu pouvais t’en acheter un plutôt que taxer celui que papa m’a acheté. Quand je suis descendue tout à l’heure, je me suis trouvé comme une conne devant la place!

Je pensai alors – et probablement Béatrice aussi – que si Solène était descendue un tout petit peu plus tard, elle se serait encore plus trouvée comme… je ne sais pas quel mot elle aurait choisi au juste, mais elle serait en tous cas trouvée assister au spectacle de sa mère se faisant prendre en levrette sur le capot de sa voiture par le fils de sa meilleure amie… étant donnée la disposition des lieux, nous n’aurions quasiment eu aucune possibilité de nous dérober…

– Oui, eh bien j’avais une bonne raison, répliqua Béatrice d’une voix à la fois plus ferme et moins virulente, alors que la situation semblait progressivement se rééquilibrer.

Et se décalant d’un pas, elle nous présenta alors l’un à l’autre, expliquant brièvement les circonstances de mon hébergement, et de l’emprunt du scooter.

J’adressai mon sourire que j’espérai le plus aimable et apaisant à Solène.

Deux jolies jeunes femmes - photo offerte par JoymiiEn la découvrant en pied, je constatai qu’elle ressemblait effectivement beaucoup à sa mère, aussi bien de visage que de silhouette, notamment le dessin de ses jambes que le mini-short en jean découvrait largement.

Elle était plus grande de plus de cinq centimètres que Béatrice, qu’elle pouvait regarder droits dans les yeux en dépit des talons hauts de sa mère et alors qu’elle était elle-même pieds nus. Sa jolie poitrine, bien moulée par le débardeur à encolure arrondie restait par contre légèrement plus petite que celle, généreuse, de sa mère.

Peut-être possédait-elle également les expressions de sa mère, mais n’ayant pas suffisamment eu l’occasion de contempler Béatrice en colère, ni même simplement mécontente – sauf lors de ce bref coup de téléphone qui l’avait contrariée – je n’étais pas en mesure d’en juger:

En effet, Solène m’adressa un regard à la fois curieux et glacial, et commenta simplement « Ah bon? ».

– Bon, tu me dis bonjour et tu nous laisses entrer? reprit Béatrice agacée, alors que sa fille se tenait toujours au milieu du couloir.

Solène déposa un baiser rapide sur la joue de sa mère, et m’adressa un bref signe de tête accompagné d’un regard indéchiffrable qui me mit mal à l’aise. Alors que nous entrions dans l’appartement, Solène dit tout à coup à sa mère:

– Tu peux venir deux secondes? J’ai un truc à voir avec toi demanda-t-elle d’un ton sec, en se dirigeant vers la porte de sa chambre.

Béatrice était déjà en train de se diriger avec entrain vers le salon, et se retourna, surprise, vers Solène.

– Oui? Rien que moi? répondit-elle, dubitative.

Solène avait croisé ses bras sur sa poitrine et se borna à hocher la tête, les lèvres serrées d’une façon qui n’augurait rien de bon.

– Bon, excuse nous, me dit Béatrice avec un soupir fatigué en se tournant vers moi et en levant les yeux au ciel.

Elle entra dans la chambre de Solène, cette dernière claqua la porte brutalement. Je me trouvais de plus en plus déplacé et mal à l’aise, et préférai gagner le balcon pour m’éloigner de cette atmosphère devenue subitement lourde et presque irrespirable.

Je pensais avec inquiétude que la cohabitation avec Solène risquait de gâcher le peu de temps dont nous disposions encore, et je maudis intérieurement la fille de Béatrice pour son retour impromptu.

Bien que je me sois éloigné, il me semblait entendre des éclats de voix étouffés par la porte close. Je brûlais d’envie de revenir vers le salon pour suivre l’objet de la discussion, dans laquelle je craignais d’être plus ou moins impliqué. Mais je ne voulais pas donner l’impression de chercher à espionner ce qui se disait, et restais donc sur le balcon.

Un peu de silence se fit, puis j’entendis soudain la porte de la chambre s’ouvrir, des bruits provenir de la direction de l’entrée, et la porte de l’appartement s’ouvrir et se refermer avec un claquement sonore.

Je pensai que ce devait être Solène qui était sortie, et effectivement, me dirigeant vers le salon, je me trouvai nez à nez avec Béatrice.

Elle semblait soudainement un peu lasse et un demi-sourire flottait sur ses lèvres, exprimant un sentiment étrange, entre résignation et cependant un certain amusement.

Lorsqu’elle releva les yeux sur moi, elle sourit doucement en hochant la tête.

– Ca va? lui demandai-je, inquiet.

– Oui, ça va… bon… on a tous les deux oublié un détail… me dit-elle, avec un soupir, tendant sa main vers moi.

Je sursautai… les bas résille… le porte-jarretelles… elle les avait jetés avec désinvolture et nous n’y avions finalement plus pensé… elle avait pourtant changé à nouveau les draps de sa fille…

Mais ce fait même, m’expliqua Béatrice, avait d’autant plus éveillé les soupçons de cette dernière, car pourquoi Béatrice aurait-elle du changer les draps après une seule nuit, étant donné que je ne semblais pas encore réduit à l’incontinence sénile?

– Qu’est-ce qu’elle t’a dit? demandai-je d’une voix blanche

Béatrice répondit: « Elle m’a demandé, je cite: lequel de nous deux avait pris sa chambre pour un baisodrome. Je t’avoue que j’ai hésité avant de répondre, mais je crois que si je lui avais dit que c’était moi, ça aurait été encore plus compliqué. Je lui ai donc dit que c’était toi, que je t’avais laissé seul l’après-midi et que tu avais fait venir une amie à toi. ».

– Apparemment, conclut Béatrice, elle n’imaginait pas que nous étions tous les deux dans le baisodrome… en tous cas, je peux te dire qu’elle t’a habillé pour l’hiver, ajouta-t-elle avec un petit rire, atténuant son propos par un baiser au coin de mes lèvres.

Je me sentis à la fois soulagé pour Béatrice, et très ennuyé à l’idée de recroiser Solène. je m’inquiétai donc de savoir ce qu’elle était partie faire.

– Oh, elle est partie voir sa copine en scooter. Je pense qu’elle en a pour la soirée. Je t’avouerai que je n’avais pas trop envie de la voir s’attarder et je n’ai pas cherché à la retenir. Quand elle est de cette humeur de chien, elle est vraiment pénible. Et en plus, je n’avais pas spécialement envie de lui expliquer que nous allions au restaurant – la connaissant, elle aurait été capable de s’incruster rien qu’en sentant qu’elle aurait été de trop.

Le soulagement l’emporta sur l’ennui de savoir Solène remontée à mon encontre. Nous avions déjà au moins la soirée pour nous… il fallait en profiter, d’autant plus que l’altercation avec Solène nous avait fait perdre du temps.

– Allez, me pressa Béatrice, je vais me changer, mets toi à l’aise aussi. J’ai choisi un petit truc un peu discret du côté de Bastille.

Je la pris par la taille pour l’embrasser mais elle s’esquiva avec la même agilité déconcertante dont elle avait fait preuve dans la cuisine lorsqu’elle s’était tout d’abord refusée.

A voir la fermeté douce avec laquelle elle me repoussa à nouveau, je fus convaincu que Béatrice était une femme qu’on ne prenait que si elle l’avait décidé, et me sentis d’autant plus naïvement heureux d’être autorisé par elle.

– On n’a plus le temps pour des galipettes, à cause de ma fille… et de toute façon, on va aller reprendre des forces! commenta avec amusement Béatrice.

J’adoptai un pantalon plus léger et une chemisette, tandis que Béatrice enfilait une très jolie robe blanche.

De premier abord, elle était assez longue – arrivant à mi-mollets, volante avec des plis, mais elle était également fendue très haut, comme me le fit découvrir Béatrice en tournant sur elle-même…

La robe, plutôt sage, bien que très jolie et très féminine se faisait alors exquise corolle de tentatrice, dévoilant le devant de sa longue jambe presque jusqu’en haut de la cuisse… je pensais alors que sa culotte devait être taillée avec une très faible largeur… quant au haut de la robe, il était noué derrière la nuque, ce qui en faisait un bustier…

– Je ne porte rien dessous… absolument rien… elle est faite exprès me souffla Béatrice au creux de l’oreille, après avoir repris ses escarpins blancs, en saisissant mon avant-bras pour m’emmener vers l’entrée.

A ces mots, je sentis avec joie mon envie d’elle revenir, déjà… nous sortîmes dans le couloir, mais Béatrice relâcha mon bras sur le seuil, peut-être échaudée par la survenue inopinée de Solène.

Nous entrâmes dans l’ascenseur, et nos regards se croisèrent avec la même pensée, mais nous nous retînmes de nous jeter à nouveau l’un sur l’autre. Bien nous en prit, car l’ascenseur s’arrêta immédiatement à l’étage inférieur.

La porte coulissante s’ouvrit, laissant passer… la jambe parfaite de la jeune consultante qui habitait donc apparemment à l’étage en dessous de celui de Béatrice!

Elle s’était changée elle aussi, troquant son tailleur pour une petite jupe beige et un chemisier échancré à travers l’étoffe duquel ses petits seins hauts dessinaient deux pointes nettes.

Ses talons étaient toujours aussi hauts, mais cette fois, elle portait des sandales à lanières dotées d’une épaisse semelle compensée, qui mettaient son joli cou de pied dans une extension impressionnante. Comme elle avait ôté les bas qu’elle portait dans le sous-sol, les muscles de ses mollets se devinaient davantage sur ses jambes nues.

Elle s’était remaquillée, son rouge à lèvre était plus sombre, dans une nuance prune, et elle avait fardé ses yeux aux longs cils d’ombre à paupières bleu nuit métallisée.

Elle entra dans l’ascenseur comme si c’était sa propriété privée, nous jetant à peine un regard condescendant, un peu plus appuyé vers Béatrice qu’elle connaissait, inexistant pour moi qui n’était manifestement qu’un cloporte à la lisière de son champ de vision.

J’aurais du la détester… et pourtant, en dépit ou à cause de cette arrogance méprisante, je me sentis frappé par sa présence, et troublé d’une façon inconnue: si j’avais été seul, je me serais presque jeté au sol, et j’aurais été content qu’elle me foule de ses pieds pour me faire l’honneur de simplement reconnaître ma présence…

Béatrice semblait quant à elle totalement imperméable à l’effet que me faisait sa voisine, dont elle ne semblait d’ailleurs heureusement pas être consciente… elle lui adressa le plus large sourire possible.

– Oh bonjour mademoiselle Lautier, je suis contente de vous voir! s’exclama-t-elle avec ce qui semblait être la plus sincère amabilité.

Femme blonde - photo offerte par JoymiiSa jeune voisine leva un sourcil interrogateur, et condescendit à relever légèrement les coins sévères de ses lèvres pulpeuses, sans répondre: la reine accordait audience, pensait-on à la voir…

Béatrice, qui était tout sauf intimidée par l’attitude souveraine de sa voisine, reprit:

– Oui, il y a un point qu’il faudra inscrire à l’ordre du jour de la prochaine réunion de copropriété, c’est le respect du règlement intérieur. Il y a des gens qui se tiennent n’importe comment. Figurez vous que j’ai même senti une très nette odeur d’urine à l’étage où je gare ma voiture! Vous y êtes aussi, vous avez certainement remarqué?

J’étais scotché par l’aplomb de Béatrice… mais sa voisine possédait aussi un indéniable maitrise de ses réactions… sachant ce que je savais, je remarquai cependant la rougeur fugitive sur ses pommettes, ainsi qu’une contraction rapide et presque insoupçonnable des muscles de son cou, accompagnée d’un bref cillement de ses yeux sombres.

– C’est inadmissible, n’est-ce-pas? reprit Béatrice sur sa lancée. Je ne comprends pas comment on peut trouver des gens pareils dans une résidence de ce standing.

Obligée de répondre, sa voisine ne put alors masquer totalement son trouble, à nos yeux avertis en tous cas. un observateur extérieur n’aurait peut-être rien remarqué, mais nous pûmes tous les deux savourer la rougeur accrue de la jeune consultante, ainsi que le geste nerveux de sa main sur sa jupe qui en disait encore plus long que le léger bégaiement avec lequel elle répondit « Oui.. oui.. on en reparlera… excusez moi, je suis pressée », avant de se sauver hors de l’ascenseur, d’une démarche précipitée sur ses talons vertigineux.

Béatrice attendit qu’elle fut sortie de l’immeuble pour éclater de rire, et nous sortîmes à notre tour dans la chaleur du début de soirée.

 

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