Dans une contrée lointaine..

Il était une fois, dans une contrée lointaine, à une époque où on nommait les hommes « Sir » et les femmes « Dame », une comtesse…

 

Je le voyais de près, d’encore plus près que d’habitude, un homme que pourtant je voyais tous les jours.

Evidemment que je le voyais chaque jour puisqu’il faisait parti de ma garde rapprochée, il en était même le chef. Chaque jour il me suivait ou me précédait, selon les circonstances, menant son équipe pour que je sois toujours entourée, sans être étouffée par cette garde constante, s’occupant d’éloigner les personnes malveillantes, et de me préserver de toute situation dangereuse.

Aujourd’hui, je le voyais différemment, à l’ombre de cet arbre en fleur, un amandier il me semble. La chaleur était importante, mais plus encore par ce qui nous préoccupait sur l’instant.. Il avait donné congé à son équipe, prétextant qu’il resterait près de moi et que je ne comptais pas sortir. Nous étions donc tous les deux.

Sa carapace d’acier était tombée, il m’avait avoué m’aimer, me vouloir, ne plus simplement me protéger tel un garde du corps, mais aussi comme un amant, un mari peut-être ? Tout cela se passait la veille, alors qu’il m’avait rejointe dans le grand salon où je sortais de réunion. Je lui avais demandé de me laisser un peu de temps, que je puisse réfléchir à cette situation, à ce que cela engendrait pour l’avenir. Ce matin, alors qu’il prenait son service à mes côtés, comme d’habitude, je lui demandais dans un murmure où l’on pourrait se voir, en tête à tête.

Toute la nuit, j’avais retourné la question : depuis le temps qu’il travaillait pour moi, il me connaissait bien, et plus qu’un garde du corps, il était devenu un confident, presque un ami. Bien sur, il était toujours respectueux, employait le « vous », me nommait toujours en commençant par « Dame … ». Il n’avait jamais eu un geste déplacé, un mot irrévérencieux, avait toujours écouté mes confidences sans me juger. Une intimité était déjà créée entre nous, des sentiments contradictoires aussi, des envies, et parfois, il m’arrivait de l’imaginer à mes côtés, dans ce grand lit que je ne partageais que rarement avec quelqu’un..

Cette nuit, je m’étais avouée que moi aussi je l’aimais, qu’il avait pris une place importante dans ma vie, une place bien plus importante que celle d’un chef de la garde. Je m’étais surprise à imaginer qu’il posait les mains sur mon visage, une caresse, que sa main effleurait mon sein au travers de ma robe, qu’il m’embrassait, me serrait dans ses bras, qu’il…

Cela m’était déjà arrivé par le passé, le soir, la nuit, dans mon bain, j’imaginais qu’il était avec moi, qu’il me faisait l’amour, avec douceur, une lente pénétration, profonde, et intense, il était couché sur moi, dans ce grand lit, j’avais les jambes écartées pour l’accueillir, l’excitation lui permettant d’entrer dans mon antre sans difficulté, la cyprine lubrifiant les parois de ma grotte.. Mais tout cela n’était que pensées secrètes, caresses impossibles que je satisfaisais seule, en pensant à lui..

 

Et oui, sa carapace d’acier était tombée, et il se retrouvait à nu, devant moi, à ma demande. Il avait choisi le lieu de rendez-vous, un endroit qu’il semblait connaître, un lieu qu’il semblait apprécier. Etait-ce parce qu’il y était venu avec d’autres femmes, était-ce parce qu’il était venu pour penser à moi ? Je ne le saurai jamais, mais l’endroit était merveilleux. A l’ombre de cet amandier, vêtue de ma robe blanche, je n’osais parler encore, tournant toujours les phrases dans ma tête. Moi qui d’ordinaire parlait devant des assemblées bondées, qui devait mener mes hommes et ma maison, telle une petite entreprise, je perdais mes moyens devant mon chef de la sécurité. Ses mots raisonnaient en moi, encore et encore. Ne sachant comment commencer la discussion, je m’approchais de lui, et pour la première fois, posait ma main sur son torse puis sur sa joue.

 

Levant les yeux vers lui, j’osais lui dire « Je t’aime aussi, prends moi, et je serai tienne pour toujours ». Il s’exécuta, me prit dans ses bras et m’embrassa langoureusement, passionnément.

Sa langue se fraya un chemin entre mes lèvres, pour retrouver ma langue. Son baiser n’avait rien de sauvage, il était tendre, doux, son étreinte était souple aussi comme si il avait peur de me faire mal, de me casser.

Mes mains étaient descendues dans son dos, sur ses fesses, dures comme de la pierre, je les caressais, les malaxais, doucement puis plus fermement, mon désir grandissant tellement vite que j’aurais voulu qu’il me prenne, là, maintenant.. Mon baiser devint plus insistant, il me répondit par une caresse de la main sur mon sein au travers de ma robe.

Je lui demandais dans un murmure si nous pouvions espérer ne pas être dérangé ici, et il m’affirma que c’était un endroit tranquille, presque un lieu secret..

Rassurée, je laissais tomber ma robe à terre, et m’échouais à côté d’elle, dans l’herbe, à l’ombre de l’amandier. Il me regardait faire, rejetant aussi ses habits et bientôt, nous nous retrouvions nus, à même le sol, pour une première liaison charnelle. Je m’allongeais, comme dans mes rêves, et écartais légèrement les jambes. Il vint se glisser entre elles, me caressant les seins, de la paume de sa main, se laissant glisser sur mon ventre, puis descendant jusqu’à mon antre, très humide. Un doigt, puis deux, s’assurèrent de mon excitation, puis il guida sa verge entre mes lèvres, se permettant de caresser mon bouton avec son gland durant un instant, puis il me pénétra, dans un gémissement de plaisir. Je le voyais pour la première fois s’abandonner, baisser la garde, se laisser aller, et mon plaisir allait grandissant en le regardant me faire l’amour.

 

Tout en puissance et pourtant si tendre, j’aimais sa façon d’aller et venir en moi, d’écarter un peu plus mes jambes pour aller au plus profond de ma grotte, de soupirer et gémir de plaisir, j’aimais ses va et viens rapides puis plus lents, ses mains se posant sur mes seins, les prenant à pleine main, chatouillant mes tétons, sa bouche généreuse que j’avais envie d’embrasser..

Je cherchais ses doigts de la bouche, ils m’aideraient à gémir moins fort, j’avais envie de le prendre en bouche, mais il continuait à me limer délicatement. Je trouvais ses doigts, deux doigts que je suçais avec ardeur, étouffant mes cris de plaisir. Cela le déstabilisa un peu, ses reins étant presque à l’arrêt, mais il reprit de plus belle, l’excitation de cette suçion l’amenant à l’orgasme. Il déversa en moi un flot de plaisir, son corps secoué de spasmes durant quelques secondes. M’embrassant, il se retira, et s’allongea à côté de moi, me prenant dans ses bras.

Je savais que ce premier essai était le début d’une belle aventure, faite de mots, de rencontre, de plaisir et d’amour, de sexe et d’envie.

 

Il nous fallait pour le moment nous quitter, pour mieux nous retrouver plus tard.. C’était pour moi une expérience inédite, une expérience où j’avais pris beaucoup de plaisir, et même si je ne savais pas où cela allait nous mener, j’étais heureuse d’avoir connu cela ! Dans l’immédiat, il me fallait lui dire au revoir, et éteindre mon écran et mon ordinateur pour aller me coucher, retrouver le monde réel et quitter ce monde virtuel médiéval, quitter ma position dominante pour retrouver mon emploi de secrétaire,quitter mon amant pour retrouver mon lit vide.

C’était la première fois que je « faisais l’amour » via un écran d’ordinateur, avec des mots, simplement des mots, avec un homme que je ne connaissais pas dans la vie, mais avec qui je jouais depuis des mois. Nous nous retrouvions chaque jour, nous deux, et des milliers d’autres joueurs, dans un monde virtuel, et dans ce monde là, j’avais un amant qui faisait magnifiquement bien l’amour.. J’avais pris beaucoup de plaisir, et j’espérais que ce ne serait que le début de notre aventure virtuelle, pour mon plaisir (bien réel !) et peut-être le sien..

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